Le saut de l’ange
Indicible douleur des nuits sans sommeil
invisible, incolore, ni veille ni éveil,
instant terrible où je bascule, le coeur en suspens
et tombe lourdement des falaises immobiles
Que n’ai-je appris à voler entre les murs des villes
Quand il en était encore temps ?
Longuement et en silence,
j’aurais observé le vol blanc
des nichées d’eiderkers
porté par le vent qui hurle entre les vagues
et découvre les brisants de la mer
j’aurais inventé des mots latins et des images de brume
que j’aurais jetés au vent, aux étoiles, à la lune.
Puis lentement, sans peurs inutiles,
j’aurais plongé comme un ange réfractaire
dans l’océan de ton âme, bulbille
aux portes de l’enfer
( en co-écriture avec Tamara Laï )