On y arrive , on y est presque, dit la vigie de quart, le regard fixé sur l’ailleurs.
Des laitances bleuâtres planent ; un air salé pique les sens effrontément.
Les corps dépouillés d’inutiles étoffes s’exhibent à la sècheresse assainissante.
Ah! que la vie est belle dans les raz des îles.
Les mots morts nés d’un clavier invisible sont des paroles d’anges qui sur la pointe des ailes, les pieds allant vers cette bouche goulue qui
Vous aspire l’âme et vous broie, à ne plus rien en rester, qu’un nouveau foetus étrange, dansent à vous saoûler jusqu’aux lueurs mâtines.
Ils déchirent le silence lourd des brumes assassines à en fendre la glace des coeurs par l’étrave de nos vérités rêvées.
Encore un effort , nous y sommes presque !
Encore une accolade, un coup de coude aux côtes éreintées
Enflent mes voiles des vents porteurs au soir de nos fatigues anciennes.
Encore un soir et des soirs à écluser des bouts de coeur et d’haleines chaudes, vivantes.
Aborder l’autre rive, là où tout se fait à l’envers,
Enfants électriques, pièces rapiécées de milliards de photons jouissant
jusqu’au dernier de l’existence.
Immensément petit, mains jointes, robes de tulle contre toiles de bure,
Anachorète des villes fais toi missionnaire des nouvelles terres,
Enveloppe la terre de ta peau d’amour. Elague les débris, panse les sillons,absous.
Tu me verras danser dans la poussière jusqu’à l’épuisement, baiser la terre
comme une femme,
Ivre de sons nouveaux et de musiques pas sages.
Donne moi la carte, le sextant et je te donnerais un trésor
ouvre tes mains, sens! l’univers entier s’y prélasse en milles lumières sur une rivière peuplée de poissons d’argent.
Donne moi l’hospitalité de ton âme et j’y bâtirai ta maison
atome parmi les étoiles, palais aux mille soleils levants
Pour que nos enfants y mêlent leurs jeux et leurs rires
Et puis, enfin, la paix nous rendra éternels.
Encore un effort, nous y sommes..
(en co-écriture avec Tamara Laï)